Les traitements proposés
Il n’existe pas un traitement unique : la prise en charge dépend de la cause identifiée. Elle peut associer mesures d’hygiène de sommeil, accompagnement ciblé, dispositifs médicaux, rééducation, ou traitements spécifiques selon le diagnostic. Cette page présente les grandes options thérapeutiques et la logique de choix.
Attention : ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation médicale. Consultez votre médecin du sommeil pour un avis spécialisé.
Traitements pour apnée du sommeil
Le traitement principal de l’apnée du sommeil est la ventilation par pression positive continue (PPC). Elle consiste à porter un masque nasal ou bucco-nasal relié à un appareil délivrant de l’air sous pression, afin de maintenir les voies aériennes ouvertes pendant le sommeil. Ce dispositif est efficace dans environ 90 % des cas. Il est remboursé par l’Assurance Maladie après un diagnostic confirmé par polygraphie ou polysomnographie.
Pour les formes moins sévères, une orthèse d’avancée mandibulaire peut être utilisée pour avancer la mâchoire inférieure et libérer les voies aériennes.
En cas d’échec, des options chirurgicales peuvent être envisagées.
Des mesures hygiéno-diététiques sont recommandées en complément : perte de poids, activité physique régulière, évitement de l’alcool et du tabac le soir, et sommeil sur le côté.
Traitements pour insomnie
La priorité pour traiter l’insomnie chronique est la thérapie cognitivo-comportementale de l’insomnie (TCC-I), qui vise à modifier les habitudes et les pensées négatives liées au sommeil. Cette approche non médicamenteuse est efficace à long terme et recommandée en première ligne, avec des séances chez un psychologue ou via des programmes en ligne.
Les mesures d’hygiène du sommeil sont essentielles.
Pour les insomnies passagères, des somnifères à courte durée d’action peuvent être utilisés temporairement, mais avec prudence en raison des risques de dépendance.
La mélatonine est indiquée en cas de troubles du rythme circadien, notamment chez les plus de 55 ans.
Des solutions naturelles comme les plantes (valériane, passiflore) peuvent être essayées, mais leur efficacité est limitée.
Traitements pour somnolence
Le traitement de la somnolence excessive dépend de la cause sous-jacente. Si elle est liée à l’apnée du sommeil, la PPC est prioritaire pour réduire les symptômes. Pour les hypersomnies centrales, comme la narcolepsie, des neurostimulants ou des traitements comme le pitolisant peuvent être prescrits pour favoriser la vigilance.
Des mesures hygiéno-diététiques, comme des siestes courtes (20 à 30 min) et une bonne hygiène du sommeil, sont recommandées en complément.
En cas de somnolence liée à des pathologies psychiatriques (anxiété, dépression), un traitement de fond est nécessaire.
Traitements pour le syndrome des jambes sans repos (SJSR)
Le traitement du syndrome des jambes sans repos dépend de la sévérité des symptômes et de leur impact sur la qualité de vie. Plusieurs approches permettent de soulager efficacement les fourmillements et le besoin irrépressible de bouger.
Avant d’envisager des médicaments, des ajustements du mode de vie peuvent considérablement réduire les crises. Le respect des règles d’hygiène du sommeil est fondamental.
Une correction d’une carence en fer peut être proposée, car c’est l’une des causes les plus fréquentes du SJSR, le fer étant indispensable à la fabrication de la dopamine dans le cerveau.
Si les mesures précédentes ne suffisent pas, le médecin peut prescrire des médicaments spécifiques.
Attention : certains traitements courants prescrits pour d’autres pathologies peuvent déclencher ou aggraver le SJSR.
Traitements pour les décalages de phases
Le traitement du décalage de phase repose sur la « reprogrammation » de votre horloge biologique interne, située dans l’hypothalamus. L’objectif est de resynchroniser cette horloge avec le cycle solaire et les contraintes sociales.
La luminothérapie est le traitement de référence. L’exposition à une lumière intense permet d’envoyer un signal fort au cerveau pour ajuster l’horloge.
La mélatonine n’est pas un somnifère classique : c’est un « donneur de temps » (chronobiotique). Sa prise doit être très précise.
La chronothérapie (approche comportementale) consiste à décaler progressivement les horaires de coucher et de lever jusqu’à atteindre l’objectif.
Le traitement ne fonctionne que si l’environnement est cohérent avec les soins.
Le soir, l’utilisation de filtres ou de lunettes « orange » est indispensable pour ne pas bloquer la sécrétion naturelle de mélatonine.